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L'Histoire de « Sissonne »

1962 L'usine DNR puis R.K.G.

L'Hostellerie du parc

L'hostellerie du parc

Récupérée de l'exposition coloniale de 1931 à Paris, la pagode que l'on distingue sur le côté de l'hostellerie à brulé en 1947

La pagode

De l'Hostellerie à l'usine

L'hostellerie du parc

Nous sommes en 1960.
Il y a peu d'emplois sur Sissonne. Louis NARDON alors premier adjoint au maire de Sissonne, Jean Horemans, effectue les premières démarches pour améliorer le bassin d'emploi. Pour cela, il consulte :
Le conseil général, la préfecture, la chambre de commerce et la chambre des métiers .
Après toutes ces prises de contact, il semble qu'une personne soit intéressée. Il s'agit d'un fabricant d'imperméables pour hommes et dames. L'atelier s'installe entre le café « Le Père LA PRUNE » et la maison de M. Liot, à l'emplacement de l'ancien garage FURNE qui se trouve à louer. Le loyer sera payé pendant un an par la commune et l'atelier sera exempté de taxe professionnelle.
Cet atelier fonctionne tant bien que mal. Le patron, M. IGLIKI, une personne liée aux fabrications du « sentier » à Paris, a du mal à payer les salaires en fin de mois, les ouvriers doivent venir par leurs propres moyens. Louis NARDON, pour améliorer cette situation décide de faire lui-même un ramassage tous les matins avec sa voiture, une commerciale de 9 places, tournée qui l'emmène jusqu'à Vailly-sur-Aisne.
Cela dure pendant un an.
Mais un matin, les ouvriers arrivent à l'embauche et à la surprise générale : plus de patron, plus de machines, l'entrepreneur à déménagé à « la cloche de bois » la nuit.

A nouveau Sissonne se retrouve sinistré. Cette situation dure un ou deux ans.
Les ouvriers partent sur Laon à la recherche d'emploi, ce qui n'est pas une situation pour dynamiser la vie locale. Une nouvelle recherche d'emploi est effectuée par M.M. NARDON, RINIERI et DALISSIER. Les propositions sont diverses allant de la fabrication de fers à friser, de matelas, de filtres à air pour véhicules. Le choix s'oriente vers la fabrication de filtres à air.
Reste un gros problème, trouver un local important pour installer la fabrication. Maître Walez, notaire à Sissonne propose l'hôtel du parc, sur la route de Laon. Une magnifique propriété entourée de cinq hectares, auberge qui recevait les familles des militaires officiers pendant les manoeuvres et inutilisée depuis 1934. Le propriétaire, d'origine belge à quelques démêlés avec les justices françaises et belges, il semblerait qu'il ait du mal à payer ses impôts. La conséquence de cette situation est qu'il faudrait réaliser cette opération en argent liquide.
L'ancien hôtel serait aménagé de la façon suivante :
Au rez-de-chaussée fabrication de filtres à air pour automobiles SIMCA.
Au premier étage : chaîne de fabrication et montage.

Un premier contact est pris en toute discrétion chez le notaire avec une proposition d'achat de 5 millions en liquide, bien sûr. Aprement négocié, le prix définitif sera ramené à 4 millions.
Il faut maintenant passer à la transaction. Elle va consister à faire signer un document de vente au propriétaire en échange des 4 millions. Cette «opération» est effectuée par Louis NARDON.
Rendez-vous est pris à la gare du Nord à Paris. M. NARDON apporte avec lui les 4 millions en liquide, ce qui représente une certaine prise de risque.
Consignes habituelles de reconnaissance : je serai habillé de telle façon, je me situerai à tel endroit et j'aurai un porte-documents.
Louis NARDON se retrouve devant une personne distante et peu engageante au premier abord. Il faut effectuer la transaction. Les billets sont comptés sous la table mais pour ce qui est de signer un document, le belge se fait tirer les oreilles. Il faut donc téléphoner en urgence à Maître WALEZ pour trouver une solution. Le propriétaire, après négociation, fini par accepter de signer une reconnaissance selon les formalités d'usage.



L'hostellerie du parc

1962 - La D.N.R.

Naissance de la société D.N.R, c'est-à-dire DALISSIER, NARDON et RINIERI (propriétaire d'une blanchisserie industrielle).
Il s'agit en fait des noms des trois plus gros actionnaires, car la société a fait appel à plusieurs autres petits actionnaires.
L'usine est dirigée par M. NARDON qui partage sa journée entre le matin la librairie La Maison de la Presse et les après-midi à l'usine. Il est procédé à l'installation d'une chaîne de découpe et assemblage de carcasses de filtres à air en tôle. La société Simca est intéressée par cette fabrication ce qui lui permettrait d'avoir un deuxième fournisseur. Une fabrication d'échantillons et une pré-série sont réalisées. Hélas, le fournisseur bloque le processus donc pas de commandes. Il faut se rabattre sur la fabrication de filtres à air pour tracteurs, il s'agit de petites séries qui sont plus du bricolage qu'autre chose, rendant inefficace la chaîne de montage.
Il faut trouver une solution.
Arrive le salon de l'auto de Paris.
Il faut faire acte de présence pour présenter la société DNR et décrocher des commandes. La société R.K.G (Robert, Kievitch Gislène) qui fabrique des câblages possède un stand sur le salon et prête une partie de son stand. Louis NARDON sera présent tous les après-midi, car le matin il faut continuer à gérer la librairie et l'usine. À la fin du salon de petites commandes ont été passées mais le bilan est maigre. La société R.K.G, par l'intermédiaire de son président, M. Robert KIEVITCH fait une proposition de sous-traitance. Ce qui lui permettrait de pouvoir régler ses problèmes : l'usine se situe à Boulogne-sur-Seine, en région parisienne, avec un manque de place et l'obligation de sous-traiter la fabrication chez des particuliers.

R.K.G traite de la grosse série pour MARCHALL, KLAXON, CIBIE et DUSSELIER entre autres. Le PDG est invité à venir visiter les installations de Sissonne et un accord est signé avec le projet de construction d'un premier bâtiment.
Historiquement R.K.G a été créée en 1939, avec comme activité première l'achat et la vente de pièces détachées pour automobiles. En sommeil pendant la guerre 1939-1945, la reprise se fera avec la fabrication de connexions et de cablages. Sa fusion avec la société JACQUES en 1966 va ajouter un département « fusibles».



L'hostellerie du parc juste avant la création de la D.N.R.


1966 - R.K.G.

Logo R.K.G.
Il faut penser à l'agrandissement de l'usine. La société R.K.G fait une proposition de rachat de l'usine D.N.R.
Ce rachat donnera naissance aux sociétés :
- Sissonne, qui emploie environ 250 personnes en 1973, spécialisée dans la fabrication des connexions électriques, le moulage des matières plastiques, les fusibles et divers montages auxquels s'ajoute une petite unité de tôlerie.
- Saint-Erme, crée en 1970, spécialisée dans l'élaboration de câblages électriques avec environ 350 personnes, installée dans les anciens locaux des Etablissements LEPERE.
- Villers-en-Prayère, Belgarde, etc.
- Début des années 1970, création d'une usine en Espagne.
Le siège social de la S.A.R.L passe de Boulogne-sur-Seine aux Lilas et se transforme en Société Anonyme en 1969.




1975 :
La société, première sur le marché français, comprend 5 départements ou ateliers, qui sont, par ordre d'importance :
- Connexions toutes catégories (l'atelier connexion fabrique par an 400 millions de pièces dans 600 types de produits différents, à partir de 9 presses automatiques à cadence rapide et 4 presses automatiques à petites cadences).
- Moulage plastique injection et compression
- Fusibles radio et automobiles
- Montage et appareillages
- Petite tôlerie (meubles de classement, caracoffres)

600 personnes travaillent « à l'usine » auxquels il faut ajouter trois Instituts Médico-pédagogiques ou centre d'aide par le travail (C.A.T). Au plus fort de la production 1000 personnes travaillent entre les deux sites de Sissonne et Saint-Erme.

Début 1968 : Visite de classe

L'usine consomme 60 tonnes de métaux nobles par mois et se trouve le premier consommateur de la région Nord-Picardie en produits non ferreux, avec une fabrication pouvant aller jusqu'à 1000 pièces minutes.

L'usine fonctionne parfois la nuit, sans personnel, avec des chaînes automatiques, plus particulièrement dans l'atelier moulages matières plastiques avec pour clientèle de grandes sociétés telles que AIRBUS, le Ministère de la Défense, DASSAULT, RENAULT, PEUGEOT et des domaines tels que l'automobile, l'électroménager, l'industrie des téléphones, la radiotélévision.
Malgré les agrandissements la société reste à taille humaine avec de simples moyens : pour exemple il n'existe pas de service du personnel ni de service de paye.
Il sera procédé à la construction d'un deuxième bâtiment.


Les fins de mois sont difficiles et pourtant il faut investir.




Louis NARDON, directeur, au centre de la photo.

Fin de R.K.G :
Le plus gros et principal concurrent est la société P.M.L., c'est-à-dire Précision Mécanique, LABINAL. Le rachat par cette société permettrait de pouvoir s'agrandir, mais des conditions sont mises à ce rachat :
Les cadences de fabrication doivent être ramenées à 500 pièces par minute et le travail de nuit doit cesser.
Le 1er mars 1977 c'est chose faite, la société R.K.G. est rachetée par P.M.L..

Différentes filiales de P.M.L. s'enchainent : S.F.C. (Société Française de Cablage), SYLEA (Systèmes de Liaison Electrique Automobile).

En septembre 2000, la Société P.M.L. est rachetée par VALEO.

En 2004 VALEO ferme ses portes, l'usine reste à l'abandon.

En ???? Le transporteur laonnois CAILLE rachète l'ensemble du site qui sert essentiellement de stockage.

En 2009, CAILLE souhaite céder une partie des locaux trop grands pour son activité.
Le 12 octobre 2009, la PMI "Spécialité T.A." qui fabrique des plateaux et autres accessoires de vélos de compétition, reprend environ la moitié de la surface des bâtiments et s'y installe en janvier 2010.

La ville de Sissonne rachète l'ancienne hostellerie et l'ancien réfectoire de 350 m2 y attenant. Une partie des anciens bureaux accueille rapidement les "Restos du Coeur".
Un grand parking de ????? places situé entre l'hostellerie et le nouvel espace culturel fait partie du lot. Celà permet de ne réaliser qu'un tiers du parking prévu à l'origine pour la nouvelle salle.

En 2010, la salle de l'Hostellerie est mise en conformité avec l'ouverture d'accès de sécurité et la création d'une cuisine. Une partie des locaux est affectée à des associations.

Propos recueillis auprès de Louis NARDON par Marc BERRIOT et Jean-François MARTIN
Documents d'archives et photos :
Louis NARDON, Gérard DHU, Michèle MAQUIN et revue du canton de Sissonne n° 2 de novembre 1973
Mise en page : Marc BERRIOT - P.H. Actualisation : P.H.


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© Site du Club Informatique Ademir. Dernière modification le 17/03/2017 à 20:04